Résumé : En tout premier lieu, entre chercheur, art et musique, l’article évoque quelques questions de réflexivité. Les spécialistes en sciences sociales de la musique doivent tenir compte de leurs engagements, de leurs élections, des rapports de proximité qu’il entretiennent avec leurs objets. Or, en la matière, il semble que plus on s’approche des terrains, moins les tentations critiques influencent l’enquête, laissant place à une compréhension endogène des situations. L’article se propose ensuite, à partir de la présentation d’une série d’ethnographies menées sur les terrains de l’art, de convoquer et de nuancer la notion de monde chez Becker, en la comparant à d’autres utilisations théoriques du terme. Il questionne ainsi l’idée de terrain de l’art, espace difficile à circonscrire en contexte différencié et occidental. Dans un troisième temps, l’article propose une illustration monographique conduite avec des orchestres de bal : comment y définir un monde ou un terrain ? Derrière les récurrences de langage, vestimentaires, gestuelles, qui font inductions et lois sociales, permettant de dégager un parcours type, se trouvent aussi les ruses singulières et les désordres d’un terrain à ériger en monde selon une pluralité de justifications.
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