Résumé : Signée chez Sony, puis chez Universal, Mariah Carey est une chanteuse américaine née en 1970 qui a vendu plus de 150 millions d’albums depuis les débuts de sa carrière professionnelle en 1990. Une analyse superficielle pourrait laisser penser qu’il s’agit d’une interprète façonnée par les majors pour interpréter des titres calibrés en fonction de la demande (Guibert, 1998). Pourtant, le fait qu’elle écrive ou coécrive la quasi intégralité de ses chansons et qu’elle soit elle-même productrice de ses enregistrements en font une exception dans le domaine des variétés (pop music), et encore davantage des femmes interprètes. Cette contribution s’intéresse à la présentation de soi opérée par Mariah Carey qui a radicalement évolué dans la seconde partie des années 90. De chanteuse à voix se présentant en robe du soir pour exécuter un répertoire mainstream comprenant une majorité de ballades, elle est devenu une interprète de R&B au look sexy et provoquant qui revendiquait ses origines africaines américaines. Mariah Carey justifie ce virage, en tant que femme, en utilisant un argumentaire d’émancipation personnelle. À partir d’éléments théoriques empruntés aux cultural studies, et plus spécifiquement aux études postcoloniales et aux études de genre, on peut successivement lire les prises de paroles publiques de la chanteuse à la fois comme une preuve d’aliénation, de résistance ou encore comme une stratégie économique. Au-delà de paradigmes balisés, le cas étudié montre ainsi la complexité du travail sur des corpus spécifiques dans le cadre des études de célébrités.
Consulter l’article et télécharger le pdf sur / read and download on Cairn.info