Résumé : Dans les années vingt, l’Europe découvre le jazz. Un esprit de liberté souffle sur Paris ; le jazz intrigue le public et les artistes, devenant le phénomène musical majeur des années folles. Des compositeurs français comme É. Satie, D. Milhaud ou encore M. Ravel témoignent un vif intérêt à cet ailleurs musical. Cette ouverture sur un monde musical issu de l’oralité entraîne un métissage artistique, source de renouvellement esthétique. La rencontre entre jazz et musique savante sera analysée au travers des traces musicales présentes dans les oeuvres telles que Parade, Le Boeuf sur le Toit, Ragtime pour onze instruments ou L’Enfant et les Sortilèges qui constituent notre corpus. Nous montrerons comment ces oeuvres reflètent particulièrement l’influence du music-hall, forme de jazz spectaculaire très au goût du jour dans le Paris des années folles et lui empruntent des accents noirs-américains et notamment certains traits du langage néo-orléanais (formations instrumentales, modes de jeu, rythmes syncopés). Ce faisant, sera montré que l’attitude de métissage propre à É. Satie, D. Milhaud, I. Stravinsky et M. Ravel, a engendré un réel renouvellement esthétique de la musique savante.
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